Idées fixes

banquette

dame-jeanne

 

J’ai parfois quelques idées fixes, en matière de mode parfois mais surtout, très (trop) souvent, en matière de déco…

Une marotte (« marotte », oui, j’utilise des mots totalement désuets, je suis née en 1930, je ne vous l’avais pas dit?) qui vide mon compte en banque depuis bientôt une vingtaine d’années bien plus encore que les achats compulsifs vestimentaires..

J’ai en plus un mari designer, ce qui n’aide pas à décrocher.

Mes dernières obsessions (10 ans après tout le monde en général, voir date de naissance plus haut) concernait une banquette en rotin et une dame-jeanne.

La multiplication des sites de brocante en ligne me désespère au plus haut point tant les fausses vieilleries sont courantes et les vrais arnaques également.

Je  ne parle même pas des prix qui frisent l’indécence surtout lorsque l’on a découvert les petits vide-grenier de province ou les jolies trouvailles sont rares mais peu onéreuses.

Un jour d’errance surfeuse, je découvrais ce petit site confidentiel où j’ai pu acheter le Saint Graal, a savoir, la banquette que je recherchais depuis des mois.

Il s’agit du site « Suzanne et Paulette », peu de choses mais pas trop chères et sympathiques.

Pour la dame-jeanne, j’étais il y peu avec des amis dans un petit vide grenier berrichon ou je l’ai trouvé pour …1 euro!

Je n’ai, de plus, aucun a-priori snobinard d’aucune sorte, il m’arrive d’acheter des choses à la Foirfouille, chez Casa, ce qui donne un joyeux bric à brac dont l’éclectisme donne tout le charme à la maison.

Il y a 2 ans et demi à peine …(La grande prématurité).

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Il y a 2 ans et demi à peine, on sautait tous les jours sur le scooter pour aller les serrer dans nos bras quelques heures, on enfilait une grande blouse en papier et des sur-chaussures jaunes et on leur faisait leur toilette après les avoir débranché en ayant l’impression qu’on allait commettre l’irréparable et les casser en mille morceaux.

Il y a deux ans et demi à peine, ils avaient débranché les machines 2 jours avant leur sortie.

Ces machines et alarmes incessantes et tellement rassurantes.

Jules était rentré à la maison seul et je l’avais couché dans son immense lit où il avait gémi toute la nuit, et toutes les nuits suivantes, terrorisé par le silence et l’absence de son frère.

Et je l’avais écouté gémir toutes les nuits et, un matin, j’avais fondu en larmes devant l’auxiliaire de puériculture qui nous rendait visite tous les matins pour les peser et elle m’avait dit » J ‘espère que vous ne repassez pas leurs petites affaires au moins? ».

Si elle avait su que, non! Je ne repassais rien du tout, ni leurs affaires, ni les nôtre, que j’avais à peine le temps de me laver, que l’on déjeunait à 16 heures, que je ne sortais plus car nous étions au 4 ième sans ascenseur.

Marcel était resté seul à l’hôpital à coté de N. une magnifique petite fille de 4 KG 5 qui ne pouvait pas rentrer chez elle…

Et puis Marcel était venu lui aussi remplir un petit peu plus le petit lit à barreaux et tenir chaud à son frère.

Je préparais 8 petits biberons le soir, un dosage pour Jules, un autre pour Marcel, je les alignai le soir sur l’étagère haute du réfrigérateur en imaginant avec une boule dans le ventre ce qu’allait être ma « nuit ».

Il y a deux ans et demi à peine, on réveillait en plein sommeil nos petits coeurs toutes les 3 heures pour qu’ils reprennent du poids très vite (parce que sinon, ma p’tite dame: il faudra les réhospitaliser! »).

Il y a deux ans et demi à peine, j’étais terrifiée à l’idée qu’une bradycardie au moment d’une régurgitation les emporte.

Nous les bercions pendant des heures pour que cesse les coliques, j’achetais des litres de Calmosine, je changeais de lait, on essayait un nouveau traitement….sans résultats…

Deux ans et demi plus tard, nous avons remisé les chaises hautes, j’ai jeté leur derniers biberons lundi car ils boivent désormais le matin un chocolat chaud comme les grands, ils portent des pyjamas deux pièces, ils vont parfois sur le pot et s’applaudissent quand ils se relèvent, ils dorment entre 11 et 12 heures toutes les nuits et…..pour rien au monde, je ne reviendrais en arrière, je ne ressens aucune nostalgie, aucun regret d’aucune sorte, les voir grandir est un bonheur immense et toutes les promesses d’avenir avec eux une si grande joie…

 

La grande ville

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Le parisien a une idée fort précise de ce qu’est un provincial en général et il est une question qui revient chaque fois qu’il rencontre ce mystérieux habitant:

« C’est quoi la grande ville la plus proche? ».

En effet, le parisien, de même qu’il est étonné de découvrir qu’on ne porte plus de sabots, s’étonne encore plus qu’on puisse survivre très éloigné d’un périphérique, d’immeubles de 15 étages ou sans respirer quotidiennement le doux fumet des pots d’échappement.

Il s’imagine donc qu’on ne doit notre survie qu’à la proximité immédiate d’une zone urbanisée, où nous pouvons faire, à l’occasion , quelques réserves d’eau ou troquer les légumes de notre potager contre quelques vêtements de piètre qualité.

J’ ai découvert « la grande ville »lorsque j’ai rencontré l’Homme Parfait et que nous étions encore l’un et l’autre deux petits bobos parisiens satisfaits de leur sort.

Je ne savais pas à l’époque qu’elle allait devenir NOTRE grande ville!

Les a-priori ne manquaient pas:

Le joli surnom de « Stalingrad sur Mer », provenant tout autant de son passé communiste que de son architecture toute stalinienne, ses industries de pétrochimie polluant un paysage de bord de mer déjà très peu épargné par les bombes de nos ex-ennemis allemands, etc.

Le coup de foudre que j’aurai pu ressentir pour l’endroit semblait bien compromis, mais je lui ai laissé sa chance, et bien m’en a pris!

L’ architecture d’Auguste Perret donne une grande cohérence à la ville, les avenues sont larges et arborées, le tramway rajoutant de la poésie à l’endroit.

Oscar Niemeyer a également oeuvré dans la ville.

Et je ne parle pas de Sainte Adresse « Le Nice Havrais « qui domine la ville et des quelques magnifiques villas anglo-normandes surplombant la mer..

J’aime l’atmosphère du lieu, mêlant une activité portuaire industrielle et touristique, ainsi qu’une vie culturelle et étudiante.

Et désormais, lorsque l’on me demande: »C’est quoi la grande ville la plus proche? », je réponds fièrement: »Le Havre ».

 

Le grand écart…

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Le grand écart cinématographique ne me fait pas peur (le vrai, un peu plus, je vous rappelle que je suis mère de jumeaux et que ma pratique du sport depuis leur naissance est anecdotique!).

Pour preuve, dans la même semaine, j’ai vu le dernier Dolan et « Victoria« .

Du premier, j’attendais beaucoup,et ma déception a donc été à la hauteur de ma passion pour l’oeuvre de ce jeune cinéaste prodige.

Le film m’a profondément agacé par son nombrilisme et par la vacuité des dialogues.

Il n’y a finalement que Marion Cotillard qui séduit par sa naïveté et sa bonté évidente dans cet espèce de panier de crabe familial qui fait froid dans le dos.

J’ en suis ressortie avec une impression de malaise dénué totalement d’empathie.

Du second, je n’attendais rien, hormis bien sûr de voir trois excellents acteurs interpréter une comédie gentillette.

J’adore Virginie Efira qui, tout en ayant une classe folle, nous donne l’impression d’être la bonne copine idéale, gaffeuse et spirituelle.

On est en fait fort loin de la comédie gentillette, une certaine noirceur en effet ressort d’un bon nombre de situations et les dialogues détachés et cyniques m’ont fait jubiler et exploser de rire…

Quelle réussite! Courrez-y si ce n’est déjà fait!